Les tablettes comme second écran de notre quotidien
Quand un grand quotidien français consacre sa une à un des plus importants écrivains américains, Jonathan Franzen à l’occasion de la sortie de « Liberté » (Ed. l’Olivier), chaque amateur de littérature peut se réjouir. Interview, photos, critique, analyse, l’ensemble est cohérent et intéressant. Ce qui nous concerne encore davantage c’est l’article consacré au téléchargement payant de son roman « Freedom« , plus de 300 000 fois cet épais livre a été acheté dématérialisé et consultable sur tablettes.
Dans l’entretien qu’il a accordé à Libération, Franzen déclare : « Je ne suis pas intéressé par ce dont tout le monde parle, je suis intéressé par les aspects plus difficiles, plus honteux, plus conflictuels de l’existence. Et j’écris avec l’espoir que des étrangers que je n’ai jamais rencontrés puissent apprécier et se reconnaître dans ces histoires. Une partie de mon expérience est celle d’un citoyen américain, à un moment où l’Amérique domine le monde, a un moment où l’Amérique traverse une crise politique et économique. De fait, le livre semble plus complet si je trouve le moyen d’y évoquer également ce qui se passe dans le pays. »
Voilà déjà une piste pour expliquer le fort intérêt que les Américains ont mis à acheter et lire « Freedom« , en livre papier traditionnel et sous forme numérique. Libération nous donne une autre piste de cet explosion numérique : «Du jamais-vu pour une œuvre littéraire», s’enthousiasme Jeff Seroy, en charge du marketing chez son éditeur, Farrar, Straus and Giroux. Ce qui confirme une tendance déjà remarquée outre-Atlantique : la révolution en marche du livre électronique. Amazon vient d’annoncer qu’aux Etats-Unis ses ventes de livres téléchargés avaient, en 2010, dépassé celles du format papier. Il faut y voir des raisons intrinsèques au marché américain, où l’achat en ligne devient parfois la seule solution face à la raréfaction des libraires (Borders, l’une des deux grandes chaînes de librairie américaine, vient d’ailleurs de faire faillite). On citera aussi les développements récents du eBook d’Apple et la multiplication des tablettes (outre le Kindle d’Amazon, on trouve désormais une vingtaine de concurrents). Pour les Américains, la littérature téléchargeable est devenue une évidence.«
Pour les Américains, la littérature téléchargeable est peut-être une évidence, mais il faut relativiser ce propos. Sans doute que de nombreux curieux ayant acheté récemment un iPad ou une tablette numérique auront voulu tester leur beau joujou avec un roman à succès. Mais à l’heure où le romancier Frédéric Beigbeder sort son nouveau livre « Premier bilan après l’apocalypse » (Ed. Grasset) où il vante l’usage du livre papier contre la lecture sur tablette et qui présente ses « 100 livres préférés à lire sur papier avant qu’il ne soit trop tard », on peut s ‘interroger sur le pouvoir d’attraction des tablettes numériques sur les lecteurs les plus fervents.


















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