Et si le temps passait plus… moins vite sur les réseaux sociaux ?
En l’espace d’à peine quelques années l’apparition du web 2.0 et l’apogée des réseaux sociaux ont radicalement bouleversé nos habitudes : augmentation du temps passé en ligne, incitation à l’exhibition de nos vies privées, influence de nos perceptions d’achat, gestion d’une variable désormais connue sous le nom d’e-réputation… Les impacts sont nombreux et conditionnent au quotidien nos modes de vie.
Pour autant, est-ce que ce nouveau mode de vie est-il plus épanouissant ?
Rien n’est moins sûr.
A cette question 10,5% des internautes français semble d’ailleurs répondre que non, puisque selon la récente étude menée par Lightspeed Research, ces derniers confient avoir complètement cessé d’utiliser les réseaux sociaux.
Plus spécifiquement basée sur le cas de Facebook, l’étude révèle également qu’1/4 des utilisateurs d’un réseau social aurait diminuer le temps passé dessus, tandis que 42% d’entre eux auraient carrément déserté leurs comptes.
La raison de leur inactivité ?
Des craintes liées au manque de confidentialité des données peut-être ?
Non, pas tant que Mark Zuckerberg sera là pour nous dire le contraire ! N’est-ce pas ?
A vrai dire même pas, la cause serait tout bonnement liée à l’ennui. Oui l’ennui. Parce qu’une fois avoir visionné en long et en large le profils de ses amis sur Facebook, jouer à quelques jeux sans intérêts, liker quelques page fan, publier un statut sur la dernière chose que l’on a faite ou aimé dans la journée ou encore partager des photos de sa dernière sortie, on y fait quoi concrètement ?
Visiblement beaucoup de choses puisque un utilisateur y passe « en moyenne » (dit-on pour arrondir les angles) deux heures par jour. Tic tac tic tac tic tac…
Et puis il y a aussi les « addicts », les over-connectés, fidèles au poste en toutes circonstances. A la maison, dans les transports, au bureau, sur leur PC, sur leur mobile, les réseaux sociaux les accompagnent partout, parfois même jusqu’à avant de s’endormir le soir. Ces gens là, c’est vous, c’est nous… Oui mais « c’est normal, nous on travaille dans le web ».
Pour nous faire prendre conscience du temps que nous consacrons journalièrement aux dits réseaux sociaux le studio de design Hector Serrano a ainsi eu l’ingénieuse idée de créer une « montre sociale ».
Connectée via WIFI et 3G, « the digital downtime Watch » comme elle a été baptisée, permet de calculer en temps réel le nombre d’heures que vous passez sur Facebook, Twitter et Gmail.
Alors plutôt esthétique la pointeuse des community manager, non ?
Bref, peu importe son (in)utilité, dans tous les cas cet objet nous invite à réfléchir sur la manière dont nous rythmons nos journées depuis que nous sommes « tout connecté et social ».
Social contagion ?
Tel un virus ravageur, ce germe identifié sous le nom de « réseaux sociaux » se serait ainsi propagé dans notre fort intérieur. De sa voix captivante, ses mots résonnent inconsciemment dans notre esprit. Et le voilà maintenant qui nous dicte les « bonnes pratiques » à appliquer dans cette ère où tout devient virtuel. Et nous voilà à vivre exactement comme il l’entend.
L’avons-nous laissé faire ? Certainement.
Le culte de soi n’a rien de fondamentalement nouveau, et les réseaux sociaux desservent ses intérêts à merveille. Tantôt pour flatter son égo, tantôt pour échapper au repli sur soi, ils semblent être devenu l’issue de secours idéale pour exister aux yeux des autres. Paradoxal constat dans un monde « tout connecté » prônant le « social » à tout va, n’est-ce pas ?
Alors oui, heureux sont je pense les quelques survivants ayant échappé au « phénomène social » le plus enclin à accroître le processus d’individualisation de nos sociétés.
Ne serait-il pas tant de vivre ? Vous savez la vie, la vraie, non pas Auchan, mais celle qui prend son véritable sens dans cet endroit où la lumière de ne se résout pas qu’à l’espace rectangulaire de vos écrans.
« Utopiste » et « déconnecté de la réalité » j’entends déjà l’écho de vos réactions. Car oui, on ne peut pas, on ne peut plus, les ignorer. Ils font partis de notre « virtu-réalité ».
C’est vrai, c’est un fait. Twitter est un outil de veille formidable. Viadeo et LinkedIn d’excellents relais pour promouvoir nos compétences. YouTube, Viméo, Flickr des plateformes de partages utiles. Et même Facebook, qui habituellement porte la casquette de mauvaise élève, permet aujourd’hui de générer plus d’emplois que LinkedIn aux USA.
Le tout semble être de trouver un juste équilibre entre utile et futile, réalité et virtualité. Alors à quand la bonne heure sur les réseaux sociaux ?














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