Quoi, Facebook a perdu 7,5 millions d’abonnés en mai dernier ? Et ça n’est pas près de s’arrêter !? Ne faisons pas notre Cassandre mais constatons que l’annonce de la perte de plus de 6 millions d’abonnés aux Etats-Unis et de 1,5 millions au Canada ont certes donné lieu à de nombreux articles, mais peu d’analyses convaincantes.
Il paraît notamment que ce sont beaucoup d’étudiants qui nettoient leur vie virtuelle, au sortir de la fac, avant d’entrer sur le marché du travail. Pourquoi pas.
Les attaques et failles répétées de la confidentialité du réseau, la complexité des changements à répétition, l’obligation d’accepter régulièrement des changements drastiques dans les habitudes, comme récemment un nouveau type de page et de profil, commencent à lasser sérieusement certains fidèles utilisateurs.
A cela s’ajoute l’argument lu ici et qui n’est pas anodin. Facebook, même votre chien et votre hamster vont finir par s’inscrire et on ne compte plus le nombre de nos propres contacts qui ne font pas vivre ce réseau. Si c’était juste pour être inscrit, valait mieux rester sur MSN. Si c’est pour faire des faux profils, c’est risible et peu « Net étiquette ». Et quant à l’argument de la lutte de classes développé dans l’analyse évoquée ci-dessous, assurément elle a un poids : « Comme dans le domaine des rencontres sur le web, les CSP++ ne voudront pas utiliser le même réseau social que la “plèbe”. L’hypersocial va probablement générer des micro-réseaux thématiques, ethniques, par affinités ou par métiers… sur lesquels il faudra probablement montrer patte blanche pour pouvoir rentrer.«
Et quid de l’exclusivité ? Parce que pourquoi être parmi les early adopters pour finir avec 1000 amis qui vous poke à tout va, qui balance des statuts ineptes du genre : « Ce soir, j’ai fais des spaghettis carbonara avec mon chéri d’amour que j’aime »?
Non, Facebook devient bien trop généraliste, ne respecte plus mes zones privées, vend en loucedé mon profil et prépare régulièrement des gadgets dont on se passerait volontiers. Et les usagers : ne parlons pas des attentats contre la langue, des fautes d’orthographe et de grammaire, des groupes tous plus stupides les uns que les autres et les pages de célébrités qui sont tenues par des fans hystériques.
Non, Facebook cela ne peut plus durer.
Enfin, pas comme cela.
Pas sur le mode qui envahit lol mdr pdr (Lot of Laughs Mort De Rire Pété De Rire pour les plus de 12 ans qui ne connaissent pas ces abréviations).
Il faut que Facebook se constitue vite une armada marketing imbattable, parce que sinon, d’autres réseaux sociaux, plus directement liés aux préoccupations des abonnés, prendront le dessus et FB reste un vaste chantier généraliste, de plus en plus délaissé, sauf par les pays émergents qui découvrent ces jours-ci la chose (Mexique, Brésil…). En attendant la Chine, qui peut-être, s’ouvrira au joujou de Mark Zuckerberg ou plutôt créera son propre réseau social gigantesque, qui ridiculisera les pauvres tentatives occidentales.
Dans les analyses que nous évoquions vous avez celle-ci, qui nous explique que non, ce n’est pas si grave de perdre 6 millions aux USA, 1,5 millions au Canada, plus de 100 00 dans certains pays européens. Le propos est bien ficelé, tournant autour du taux de « clients » qui quittent chaque année une entreprise.
Le chiffre global d’inscrits atteint désormais près de 700 millions ; on imagine Zuckerberg avec un compteur géant au-dessus de son lit et lui, admiratif. Ces pertes sont énormes, quoique l’on dise, quel que soit le Gartner Hype circle que l’on citera doctement.
Ok, il y a de la désillusion mais quel marketeux peut sérieusement penser que ces 7,5 millions reviendront un jour ?
Cela ne change rien à la force d’impact de Facebook, aux potentialités publicitaires et commerciales de l’ensemble. Cela ne change rien au bouleversement que ce réseau aura introduit dans notre vie quotidienne. Mais si l’on fait un article acide, c’est pour rappeler qu’un réseau qui n’innove pas ou qui repose sur ses lauriers, c’est un réseau mort. Vous vous souvenez de MySpace ? De Second Life ?
Notons toutefois une nouvelle saine pour l’écosystème social media : un nouveau réseau pointe le bout de son museau, Altly ; et Diaspora, véritable serpent de mer, semble s’activer ces derniers jours et accélérer ses actions. C’est la concurrence qui stimulera tout ce beau monde, pour poursuivre la révolution social media.















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